EL HARCHI BLOG | CRMEF DE BENI MELLAL

Émile Zola, né le 2 avril 1840 à Paris

Il a créé un mouvement littéraire qui s'appelle le naturalisme (cela consiste à décrire la réalité de façon très exacte, presque scientifique)...

Les outils d'analyse textuelle,Les indices grammaticaux...

• Les marques de personne. Elles concernent le locuteur et le destinataire. Ce sont : 􀂃 les pronoms personnels de la première personne : je, me, moi, nous, qui renvoient au locuteur; 􀂃 les pronoms personnels de la deuxième pers...

LA FORTUNE DES ROUGON DUBUT DU CHAPITRE PREMIER

Lorsqu’on sort de Plassans par la porte de Rome, située au sud de la ville, on trouve, à droite de la route de Nice, après avoir dépassé les premières maisons du faubourg, un terrain vague désigné dans le pays sous le nom d’aire Saint- Mittre...

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Émile Zola, né le 2 avril 1840 à Paris

Il a créé un mouvement littéraire qui s'appelle le naturalisme (cela consiste à décrire la réalité de façon très exacte, presque scientifique)...

dimanche 21 avril 2019

La fortune des rougon.debut du Chapitre I

LA FORTUNE DES ROUGON
DEBUT DU CHAPITRE 1.

Lorsqu’on sort de Plassans par la porte de
Rome, située au sud de la ville, on trouve, à
droite de la route de Nice, après avoir dépassé les
premières maisons du faubourg, un terrain vague
désigné dans le pays sous le nom d’aire Saint-
Mittre.
L’aire Saint-Mittre est un carré long, d’une
certaine étendue, qui s’allonge au ras du trottoir
de la route, dont une simple bande d’herbe usée
la sépare. D’un côté, à droite, une ruelle, qui va
se terminer en cul-de-sac, la borde d’une rangée
de masures ; à gauche et au fond, elle est close
par deux pans de muraille rongés de mousse, audessus
desquels on aperçoit les branches hautes
des mûriers du Jas-Meiffren, grande propriété qui
a son entrée plus bas dans le faubourg. Ainsi
fermée de trois côtés, l’aire est comme une place
qui ne conduit nulle part et que les promeneurs
8
seuls traversent.
Anciennement, il y avait là un cimetière placé
sous la protection de saint Mittre, un saint
provençal fort honoré dans la contrée. Les vieux
de Plassans, en 1851, se souvenaient encore
d’avoir vu debout les murs de ce cimetière, qui
était resté fermé pendant des années. La terre, que
l’on gorgeait de cadavres depuis plus d’un siècle,
suait la mort, et l’on avait dû ouvrir un nouveau
champ de sépultures à l’autre bout de la ville.
Abandonné, l’ancien cimetière s’était épuré à
chaque printemps, en se couvrant d’une
végétation noire et drue. Ce sol gras, dans lequel
les fossoyeurs ne pouvaient plus donner un coup
de bêche sans arracher quelque lambeau humain,
eut une fertilité formidable. De la route, après les
pluies de mai et les soleils de juin, on apercevait
les pointes des herbes qui débordaient les murs ;
en dedans, c’était une mer d’un vert sombre,
profonde, piquée de fleurs larges, d’un éclat
singulier. On sentait en dessous, dans l’ombre des
tiges pressées, le terreau humide qui bouillait et
suintait la sève.
9
Une des curiosités de ce champ était alors des
poiriers aux bras tordus, aux noeuds monstrueux,
dont pas une ménagère de Plassans n’aurait voulu
cueillir les fruits énormes. Dans la ville, on
parlait de ces fruits avec des grimaces de dégoût ;
mais les gamins du faubourg n’avaient pas de ces
délicatesses, et ils escaladaient la muraille, par
bandes, le soir, au crépuscule, pour aller voler les
poires, avant même qu’elles fussent mûres.
La vie ardente des herbes et des arbres eut
bientôt dévoré toute la mort de l’ancien cimetière
Saint-Mittre ; la pourriture humaine fut mangée
avidement par les fleurs et les fruits, et il arriva
qu’on ne sentit plus, en passant le long de ce
cloaque, que les senteurs pénétrantes des
giroflées sauvages. Ce fut l’affaire de quelques
étés.
Vers ce temps, la ville songea à tirer parti de
ce bien communal, qui dormait inutile. On abattit
les murs longeant la route et l’impasse, on
arracha les herbes et les poiriers. Puis on
déménagea le cimetière. Le sol fut fouillé à
plusieurs mètres, et l’on amoncela, dans un coin,
10
les ossements que la terre voulut bien rendre.
Pendant près d’un mois, les gamins, qui
pleuraient les poiriers, jouèrent aux boules avec
des crânes ; de mauvais plaisants pendirent, une
nuit, des fémurs et des tibias à tous les cordons de
sonnette de la ville. Ce scandale, dont Plassans
garde encore le souvenir, ne cessa que le jour où
l’on se décida à aller jeter le tas d’os au fond d’un
trou creusé dans le nouveau cimetière. Mais, en
province, les travaux se font avec une sage
lenteur, et les habitants, durant une grande
semaine, virent, de loin en loin, un seul
tombereau transportant des débris humains,
comme il aurait transporté des plâtras. Le pis était
que ce tombereau devait traverser Plassans dans
toute sa longueur, et que le mauvais pavé des rues
lui faisait semer, à chaque cahot, des fragments
d’os et des poignées de terre grasse. Pas la
moindre cérémonie religieuse ; un charroi lent et
brutal. Jamais ville ne fut plus écoeurée.

LES OUTILS D'ANALYSE TEXTUELLE


OUTILS D'ANALYSE TEXTULLE

               Les outils d'analyse textuelle


Les indices grammaticaux.

Les marques de personne. Elles concernent le locuteur et le
destinataire. Ce sont :
􀂃 les pronoms personnels de la première personne : je, me,
moi, nous, qui renvoient au locuteur;
􀂃 les pronoms personnels de la deuxième personne : tu, te,
toi, vous, qui renvoient au destinataire ;
􀂃 le pronom personnel indéfini de la troisième personne :
on, qui se substitue au pronom nous, quand il réfère à la
situation d'énonciation. Sinon il a valeur d'indéfini et renvoie à
quelqu'un ou tout le monde avec une valeur généralisante.
􀂃 les déterminants et pronoms possessifs de la première et
deuxième personnes : mon, ma, notre, le mien, le nôtre…ou
ton, ta, tes, votre, le tien, le vôtre…qui renvoient
respectivement au locuteur et au destinataire.
Les indices spatio-temporels. Selon le type d'énoncé, ils réfèrent ou
non au moment et au lieu de l'énonciation. Ce sont :
􀂃 des adverbes : là-bas, à droite, ici…demain, hier, en ce
moment, ce soir, tous les compléments de temps et de lieux
qui révèlent l'endroit et le moment de l'énonciation. Dans un
énoncé coupé de la situation d'énonciation, leur forme varie
là, le lendemain, la veille…
􀂃 les démonstratifs : ce, cette, ces…
􀂃 certains adjectifs : proche, absent…
On nomme déictiques les marques de personnes et les indices spatiotemporels
qui ne prennent sens que par rapport à la situation
d'énonciation.
Les temps verbaux. Ils permettent de déterminer la nature de l'énoncé
par rapport à la situation d'énonciation:
􀂃 le présent, le futur et le passé composé sont les temps de
l'énoncé ancré dans la situation d'énonciation (discours). Le
futur donne souvent une dimension de discours universel.
􀂃 l'imparfait et le passé simple sont les temps de l'énoncé
coupé de la situation d'énonciation (récit).

Les outils d'analyse textuelle

La syntaxe de la phrase. L'étude de la phrase est un outil important de
la lecture analytique : la structure des phrases, la fréquence des
constructions, les ruptures doivent être analysées dans leurs effets.
Plusieurs critères doivent être pris en considération:
􀂃 les types de phrases:
o la phrase simple souligne la force de l'idée,
o la phrase composée traduit plutôt la subtilité d'une
pensée,
o la phrase nominale traduit une émotion ou une
notation spontanée,
o la phrase elliptique, qui sous-entend son verbe, son
sujet, ou les deux, produit une accélération du
rythme, une densité du sens.
􀂃 la longueur des phrases :
o la phrase courte : elle met en valeur l'essentiel,
o la phrase longue : elle est construite sur le principe
de l'accumulation et de la subordination ; elle
accompagne l'analyse et le raisonnement ; elle
convient aussi à l'expression d'une pensée lyrique.
o L'ordre dans lequel les phrases courtes et longues
se succèdent induit des effets particuliers : une
succession de phrases courtes est le signe d'une
pensée forte ou d'un récit trépidant.
􀂃 la fréquence des constructions :
o la reprise d'une même construction induit un effet
de rythme, peut avoir un effet dramatique ou
poétique ; elle permet de mettre en valeur une idée.
o une construction isolée crée un effet de surprise.
􀂃 la modalité de la phrase :
o la phrase déclarative est en général neutre.
o les phrases exclamative, interrogative et impérative
sont expressives (émotion, question, ordre).
􀂃 la ponctuation. Elle peut avoir différentes valeurs :
o une valeur logique : elle ordonne la phrase,
organise une argumentation et accompagne les
priorités du locuteur.
o une valeur expressive : elle souligne l'expression
des sentiments (point d'exclamation, de
suspension). Elle participe au rythme de la phrase.

Les outils d'analyse textuelle


Les types d'énoncés. On distingue deux formes d'énoncés :
􀂃 le locuteur s'investit dans son énoncé qui est marqué
grammaticalement par le pronom je ; le présent de l'indicatif
renvoie au moment de l'écriture : c'est un énoncé ancré
dans la situation d'énonciation.
􀂃 le locuteur (ou narrateur) prend de la distance par rapport à
son énoncé, il raconte une histoire. L'énoncé est marqué
grammaticalement par les pronoms de la troisième personne
et les temps du passé (imparfait et passé simple) : c'est un
énoncé coupé de la situation d'énonciation.
Les types de discours, ou les différentes formes de paroles rapportées:
􀂃 le discours direct prétend rapporter les paroles comme elles
ont été prononcées, avec toutes les marques de l'oral, un
verbe de parole introducteur qui désigne le locuteur, des
marques spécifiques de typographie (deux points, guillemets,
tirets).
Le choix du verbe introducteur est important : il peut être
neutre (dire), il peut aussi apporter des informations sur la
manière de dire (crier, hurler), mais il peut surtout trahir un
jugement de celui qui rapporte le propos (prétendre,
s'imaginer).
ex : Il dit :" C'est sûr, je viendrai à Noël!"
􀂃 le discours indirect est celui des paroles rapportées par un
intermédiaire. Il y a toujours un verbe introducteur, mais il est
suivi d'une proposition subordonnée. Il instaure une certaine
distance avec le propos rapporté.
ex : Il me dit qu'il est sûr de venir à Noël.
􀂃 le discours indirect libre reproduit librement des paroles en
les adaptant. Il se caractérise par l'absence de subordination,
la persistance des formes du langage parlé et la fidélité au
ton du discours direct.
ex : Il en est sûr! Il viendra à Noël!
Les discours indirect et indirect libre sont, de façon privilégiée, ceux de
l'analyse et de la synthèse de documents.
Les connecteurs logiques. Leur rôle est de soutenir la progression du
raisonnement en expliquant, opposant, ajoutant, reformulant,
concluant.
Ce sont des conjonctions de coordination (et, mais, car…), de
subordination (parce que…), des adverbes (alors, puis…), des
locutions adverbiales (en effet…), des prépositions (derrière…).

Les outils d'analyse textuelle

Le lexique.
Les niveaux de langue. On distingue trois niveaux de langue :
o soutenu : vocabulaire et syntaxe recherchés,
o courant : langue utilisée usuellement,
o familier : langue présentant de nombreux écarts de vocabulaire
et de syntaxe.
Les champs lexicaux. Le champ lexical est un ensemble de mots qui
contribuent, dans un texte, à développer un thème.
Différentes catégories de mots peuvent entrer dans un même champ
lexical (noms, adjectifs, adverbes, verbes).
Le sens d'un texte naît de la coexistence des différents champs
lexicaux qui le parcourent en se complétant ou en s'opposant.
Les points de vue.
Ils désignent la position à partir de laquelle est présenté un récit :
Le point de vue omniscient. IL correspond à une focalisation zéro, le
narrateur sait tout de tous les personnages qu'il met en scène.
Le point de vue interne. Il correspond à une focalisation interne, l'oeil
est celui d'un des personnages. Ce point de vue est souvent signalé
par un verbe de perception.
Le point de vue externe. Il correspond à une focalisation externe. Le
narrateur est un simple témoin qui se veut objectif.
Les marques de l'implicite.
Dans un propos, l'implicite n'est pas toujours très visible, il se devine à travers
certains indices qu'il faut repérer et analyser.
Les modalisateurs. Ce sont des indices grammaticaux :
des adverbes et conjonctions : mais, déjà, enfin, même,
au moins, pour…
une ponctuation particulière : points d'interrogation,
d'exclamation, de suspension.
des temps et des modes : conditionnel, subjonctif.
Le vocabulaire appréciatif et dépréciatif.
Le sous-entendu ou le présupposé.
La connotation.
L'ironie : elle repose sur des figures de style comme l'antiphrase.

Les outils d'analyse textuelle

Les figures de style.
Ce terme recouvre tous les procédés d'expression par lesquels le locuteur
cherche à mettre en valeur ses idées.
Les figures d'analogie.
􀂃 La comparaison établit des liaisons à l'aide d'un terme
comparatif.
􀂃 La métaphore opère un transfert de sens d'un mot à un
autre, sans terme comparatif.
􀂃 La métonymie remplace un élément par un autre qui lui est
lié par la logique ; ex : désigner la matière pour l'objet.
􀂃 La personnification attribue à une chose ou un animal les
caractéristiques d'un être humain.
􀂃 L'allégorie représente une idée abstraite sous l'apparence
d'un personnage humain ou d'un animal.
Les figures d'opposition.
􀂃 L'oxymore juxtapose deux termes dont le sens est
incompatible. ex : un soleil noir.
􀂃 L'antithèse oppose deux termes dans deux unités
grammaticales différentes. ex : moi, je l'aime, lui me hait.
Les figures d'insistance.
􀂃 La répétition d'un mot ou d'une expression.
􀂃 L'anaphore consiste à commencer plusieurs phrases ou
propositions ou groupes de mots par le même mot.
􀂃 L'énumération
􀂃 L'hyperbole est une exagération par laquelle une idée est
amplifiée.
􀂃 La gradation est une énumération organisée selon une
progression du sens.
Les figures d'atténuation.
􀂃 La litote consiste à exprimer une forte impression d'une
manière atténuée, souvent par une forme négative.
ex : ce n'est pas mal pour c'est bien.
􀂃 L'euphémisme atténue par un terme modéré une réalité
déplaisante de la vie. ex : non voyant pour aveugle.
Les figures de pensée. Elles jouent sur le sens des mots ou des
phrases :
􀂃 L'antiphrase consiste à dire une chose en laissant supposer
une autre. Elle est la figure principale de l'ironie et suppose
une communauté culturelle entre le locuteur et le
destinataire, sous peine de contre-sens